Première étape : regarder la SERP à la main, sans outil. Relever la présence de Maps et le type de sites qui remontent. Vient ensuite la vérification du volume sur Ahrefs, doublée d'un audit de 2-3 concurrents dont on examinera les domaines référents et les backlinks. L'historique sur six mois dira le reste, puisqu'il mesure la stabilité du terrain. Pourquoi engager un budget sur une SERP volatile ? Mieux vaut viser les variantes géolocalisées, ou les niches du type CMS vieillissants et verticaux spécialisés, plutôt que d'affronter la concurrence de face.
Un praticien SEO détaille sa méthode pour juger s'il est réaliste de se positionner sur un mot-clé compétitif. L'exemple retenu, « agence web », sert de fil rouge à toute la séquence d'investigation, depuis l'analyse manuelle de la SERP jusqu'à l'audit des concurrents mené avec des outils dédiés. La cible ? Des professionnels qui veulent lancer une activité ou attaquer une nouvelle requête stratégique.
La démarche croise trois matériaux : l'observation directe des résultats Google, des métriques techniques comme les volumes de recherche et les profils de liens, et l'historique de stabilité du classement. L'auteur y revient plusieurs fois. Plutôt que de s'accrocher à une intuition de départ, il faut reformuler sa cible en fonction de ce que la SERP montre vraiment.
Trois hypothèses structurent le raisonnement : l'intention de recherche prime sur le volume, la stabilité d'une SERP dans le temps conditionne la viabilité d'un investissement SEO, et les variations locales ou nationales fragmentent massivement certains marchés. Ahrefs, SEObserver : les outils payants sont manipulés sans que les coûts d'accès soient jamais précisés, ce qui limite la reproductibilité pour un débutant.
Le cadre suppose une activité géolocalisable, d'où l'importance accordée à Google My Business, et la capacité à produire des contenus différenciés selon chaque variante de mot-clé. Combien investir pour obtenir X backlinks, quel délai avant rentabilité ? Aucun arbitrage budgétaire n'est chiffré. La méthode convient à un consultant ou à une petite structure, beaucoup moins à un éditeur de contenu pur ou à un site e-commerce de grande taille.
Opinion L'insistance sur le Trust Flow me paraît discutable en 2025. L'auteur admet lui-même ne pas « courir après » ces métriques, tout en continuant à s'en servir comme indicateurs de travail SEO. Or le TF se manipule facilement. Les domaines référents en dofollow restent à mon sens un signal nettement plus fiable, surtout si l'on filtre par pertinence thématique, filtrage qui n'est jamais évoqué ici.
À vérifier L'affirmation selon laquelle « quasiment l'intégralité de la SERP a changé en six mois » sur « agence web » demande confirmation. L'auteur signale lui-même des problèmes de scraping et une présence anormale de vidéos YouTube en page 4-5, deux éléments qui fragilisent sa conclusion sur l'instabilité. Une SERP locale varie de toute façon selon la géolocalisation de l'utilisateur, ce qui explique une part de la volatilité observée. Je nuancerais : la SERP ne bouge pas tant « beaucoup » qu'elle n'est fortement personnalisée, l'outil n'en capturant qu'une projection partielle.
Opinion Cibler « agence web + ville » dès la page d'accueil, le conseil vaut pour une TPE locale, moins pour une structure qui vise plusieurs marchés géographiques. Mieux vaut alors une homepage optimisée sur « agence web » pour la notoriété, complétée par des landing pages géolocalisées ville par ville. La recommandation gagnerait à être contextualisée selon la taille de l'entreprise et ses ambitions.
On tape la requête dans Google. Sans outil intermédiaire. Méthode Cette inspection manuelle fait apparaître d'emblée les éléments structurants : bloc Google Maps, annuaires type Pages Jaunes, annonces sponsorisées. Sur « agence web », le bloc Maps occupe quatre positions dont une sponsorisée, là où l'on en attendrait trois organiques. Sans fiche Google My Business, aucune chance d'y figurer, et le trafic capté restera strictement local, dépendant de la géolocalisation de l'utilisateur.
L'auteur relève une incohérence : des sites liés au voyage remontent dans les résultats, alors que Pages Jaunes paraît seul pertinent parmi les annuaires. Les cinq premières positions organiques sont largement occupées par des acteurs comme Sortlist, ce qui confirme que la SERP est majoritairement locale et qu'un acteur isolé n'atteindra pas le national, quel que soit le travail SEO engagé. Cibler « agence web » seul est donc une erreur stratégique. Il faut viser d'entrée « agence web + [ville] », pour aligner l'intention de recherche sur les capacités réelles de classement.
Outil Ahrefs sert ici à vérifier qu'un volume de recherche minimal existe. Sur « agence web », l'estimation oscille entre 1 200 et 7 000 recherches mensuelles. À vérifier Chiffre présenté comme surestimé : la SERP variant énormément selon la localisation, devenir premier ne captera qu'une fraction du trafic annoncé, celle de la zone géographique de l'utilisateur. L'outil ignore les variantes locales implicites.
Chiffre Contre-exemple : « agence web ostéo » affiche un volume nul sur Ahrefs, ce que confirme Google Trends. Une niche ultra-spécialisée ne vaut rien si personne ne cherche. L'auteur nuance toutefois : un volume de 10 à 20 recherches mensuelles peut suffire si le panier moyen dépasse plusieurs milliers d'euros et que le taux de conversion est élevé. Ce qui décide de la rentabilité, c'est le ratio volume × panier moyen × conversion, pas le volume brut.
Méthode L'outil propose ensuite des requêtes dérivées. « Agence web WordPress » génère 880 recherches mensuelles, volume exploitable pour une agence spécialisée. « Agence web Prestashop » retombe à 390 recherches, mais s'adresse à des e-commerçants, donc à des budgets potentiellement supérieurs. « Agence web Drupal » se situe entre 140 et 190 recherches : CMS vieillissant, peu de création neuve, en revanche de la maintenance à marge élevée et une concurrence faible. Tout l'arbitrage tient là, entre volume et valeur unitaire du lead.
Outil SEObserver liste les sites classés et extrait leurs métriques. Avertissement de l'auteur : les résultats de l'outil s'écartent parfois de la SERP réelle, personnalisation géographique oblige. L'exercice donne malgré tout un ordre de grandeur. En tête, surtout de gros acteurs (Sortlist, annuaires), mais quelques petits sites subsistent. Une fenêtre d'opportunité s'entrevoit.
Méthode On ouvre alors chaque concurrent dans un nouvel onglet SEObserver pour examiner ses indicateurs : Trust Flow, Citation Flow (« je ne cours pas après ces métriques », précise l'auteur), nombre de domaines référents, répartition dofollow/nofollow, mots-clés positionnés, profil des backlinks. Chiffre Premier exemple : TF 24, 135 domaines référents dont 95 en nofollow, soit environ 100 domaines en dofollow qui « pourraient valoir le coup ». Le site se classe en première ou deuxième page sur plusieurs requêtes liées au web, signe d'un travail SEO structuré. Ses backlinks viennent surtout de pages d'accueil, probablement des sites clients ou d'autres entités du même groupe.
Chiffre Second exemple, un site en bas de première page : TF plus faible, 176 domaines référents dont 35 seulement en dofollow. La courbe de trafic (SEMrush évoqué implicitement) progresse. Pour du local, ce concurrent est attaquable. L'auteur reformule sa recommandation : abandonner « agence web » en national, viser « agence web + [ville] » pour un combat à armes égales. Les backlinks, eux, sont majoritairement en dofollow et proviennent de sites clients, ce qui surprend puisqu'on attendrait du nofollow ; l'anomalie est signalée, pas expliquée.
Méthode SEObserver propose un historique des mots-clés. Remonter six mois permet de mesurer la stabilité du classement, et c'est ce que l'auteur recommande. La comparaison porte sur la SERP de début décembre et celle de début juin, date de la vidéo. Vécu Résultat : « quasiment tous les sites présents dans les cinq premières pages ont été dégagés et remplacés ». L'auteur va plus loin : « presque l'intégralité de la SERP a changé ».
À vérifier Une nuance compte. Au moment de l'enregistrement, beaucoup d'outils SEO rencontrent des problèmes de scraping de la SERP Google : en pages 4 et 5, des vidéos YouTube remontent anormalement, si bien que l'analyse devient peu fiable au-delà de la position 40. Sur la première page, les données restent exploitables et la volatilité se confirme. Opinion Exemple donné : beyonds.fr passe de la deuxième position à une disparition totale, avec l'impact que cela suppose sur le trafic et le chiffre d'affaires. Une SERP instable ne mérite pas un investissement lourd, même quand le volume est attractif. Mieux vaut des requêtes moins volumineuses mais stables, au retour prévisible.
Méthode Une fois la requête principale validée ou invalidée, on explore les dérivés via l'outil. Ahrefs liste automatiquement les variantes sémantiques et leurs volumes. Chiffre « Agence web + [ville ou région] » domine les suggestions. Viennent ensuite les spécialisations par CMS : WordPress (880 recherches/mois), Prestashop (390), Drupal (140-190). Puis des niches verticales, « agence web avocat » par exemple.
À vérifier Les écarts entre sources appellent la prudence : Google Ads estime « agence web avocat » à près de 400 recherches mensuelles, Ahrefs à 5. L'auteur juge la première trop haute et la seconde trop basse, sans trancher. Il conseille de creuser avant de se lancer, en analysant notamment le niveau de concurrence sur cette variante. Chiffre Concurrence faible, et même un volume flou peut justifier un site dédié ou une landing page optimisée.
Opinion D'où la suggestion de cibler des CMS vieillissants ou de niche, Drupal en tête. L'argumentaire : peu de créations neuves, donc un volume faible, mais de la maintenance récurrente et une concurrence désertée. Les agences généralistes ne communiquent plus sur Drupal. La fenêtre est ouverte. Avec 140 à 190 recherches mensuelles, le positionnement peut générer un flux de leads qualifiés à forte marge, les compétences Drupal étant rares. Arbitrage final : volume × valeur unitaire × difficulté concurrentielle.
L'auteur y revient avec insistance. Si l'analyse montre qu'il est impossible de se positionner en national, cas de « agence web », alors on reformule sans attendre la cible en « agence web + [ville] » et l'on structure le site en conséquence, idéalement en plaçant cette requête géolocalisée sur la homepage.
Rien sur le coût d'acquisition d'un backlink de qualité, rien non plus sur le temps nécessaire pour atteindre 50, 100 ou 200 domaines référents. Les métriques TF/CF servent de repères rapides, mais leur fiabilité face au netlinking faké n'est évoquée qu'en passant. Comment filtrer les backlinks par pertinence thématique, critère pourtant décisif pour juger de la solidité réelle d'un concurrent ? La question reste ouverte. Le budget minimal (outils, création de contenu, netlinking) et le délai avant rentabilité ne sont pas abordés davantage. Méthode utile au praticien autonome déjà équipé d'outils payants, elle laissera en revanche un porteur de projet sans expérience SEO devant beaucoup de zones d'ombre.